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  • Ephémères … ?

    14 mars 2007, par Françoise Flamant
    Théâtre

    Le Théâtre du Soleil présente son nouveau spectacle : Les Ephémères à la Cartoucherie de Vincennes.

    Plus d’une vingtaine de comédiens et d’enfants interprètent un recueil d’épisodes « rêvés, invoqués, évoqués, improvisés, qu’ils mettent en scène. »

    Plus de 10 ans que je n’étais pas revenue à La Cartoucherie, ce lieu qui abrite depuis 1969 les productions du Théâtre du Soleil. J’y ai retrouvé la même ambiance de fête, de magie théâtrale, de convivialité entre les membres d’un public de 5 à 85 ans.

    N’ayant pas lu les critiques de la pièce, je ne savais pas ce que j’allais voir. Je faisais confiance à mes amies. Mais ayant en mémoire les grandes fresques historiques ou mythiques, les grandes œuvres shakespeariennes, les évocations de drames sociaux que cette compagnie a montées, je m’attendais, derrière ce titre, à une production qui serait - qui sait ?- détruite à la fin du spectacle... un rappel de ces manifestations éphémères créées du temps des rois pour célébrer un grand événement.

    Rien de cela. D’emblée nous sommes tous plongés dans nos vies à nous, ou celles des voisins, ou de la famille, et nous nous regardons nous-mêmes parler, crier, pleurer, rire. Une mise en scène servie sur des plateaux qui apparaissent et disparaissent, nous laissant pénétrés de partout, cœur et conscience, à la fois impatients de voir le prochain épisode et résistant à le découvrir.

    Les relations hommes/femmes évoquées dans diverses situations et milieux, la présence des enfants, témoin ou enjeu, les crises contemporaines sont au cœur de ces scènes jouées avec la précision et l’efficacité du grand art du Théâtre du Soleil.

    Donnant à voir notre mal-être, la Compagnie d’Ariane Mnouchkine touche juste, là où ça dérange chacun d’entre nous. Nous en sortons silencieux, pensifs et surpris. Loin des grands shows fusionnels collectifs, le spectacle nous laisse avec notre conscience individuelle. Quelque chose d’authentique, de vrai s’est exprimé. Nous ne pouvions zapper et personne n’a pensé à fuir.

    Nous reprenons la navette vers le métro. On se détend pendant le parcours ; on échange des opinions et des états d’âme entre inconnus. Ca vient naturellement puisque c’est de nous qu’il s’agit. Les trois heures passées sous le chapiteau nous ont permis de retrouver un peu de notre humanité, pas celle que l’on proclame dans les tribunes publiques, mais celle qui est enfouie, en chacun/e d’entre nous.

    Le quotidien de nos vies, devient du grand art théâtral.

    Emilie

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