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  • Victor HUGO féministe ? Oui, je l’affirme.

    12 septembre 2008, par Evelyne Rochedereux
    Hommes

    Ne nous laissons pas abuser par ses airs de patriarche. Il a été l’un des seuls à se déclarer en faveur du vote des femmes, au temps où George SAND et Louise MICHEL y étaient opposées.
    Dans le poème qui suit, écrit alors qu’il avait 26 ans, il dénonce, déjà, le voile islamiste. Quoi d’étonnant de la part d’un homme qui avait prévu les Etats-Unis d’Europe et la monnaie unique, comme solution pour la paix ?

    Victoire

    La sœur
    Qu’avez-vous, qu’avez-vous mes frères ?
    Vous baissez des fronts soucieux.
    Comme des lampes funéraires,
    Vos regards brillent dans vos yeux.
    Vos ceintures sont déchirées.
    Déjà trois fois, hors de l’étui,
    Sous vos doigts, à demi tirées, _ Les lames des poignards ont lui.

    Le frère aîné
    N’avez-vous pas levé votre voile aujourd’hui ?

    La sœur
    Je revenais du bain, mes frères,
    Seigneurs, du bain je revenais,
    Cachée aux regards téméraires
    Des giaours et des albanais.
    En passant près de la mosquée
    Dans mon palanquin recouvert,
    L’air de midi m’a suffoquée :
    Mon voile un instant s’est ouvert.

    Le second frère
    Un homme alors passait ? un homme en caftan vert ?

    La sœur
    Oui … peut-être … mais son audace
    N’a point vu mes traits dévoilés …
    Mais vous vous parlez à voix basse,
    A voix basse vous vous parlez.
    Vous faut-il du sang ? Sur votre âme,
    Mes frères, il n’a pu me voir.
    Grâce ! Tuerez-vous une femme,
    Faible et nue en votre pouvoir ?

    Le troisième frère Le soleil était rouge à son coucher ce soir.

    La sœur
    Grâce ! Qu’ai-je fait ? Grâce ! Grâce !
    Dieu ! Quatre poignards dans mon flanc !
    Ah ! Par vos genoux que j’embrasse …
    Ô mon voile ! Ô mon voile blanc !
    Ne fuyez pas mes mains qui saignent,
    Mes frères, soutenez mes pas !
    Car sur mes regards qui s’éteignent
    S’étend un voile de trépas.

    Le quatrième frère
    C’en est un que du moins tu ne lèveras pas !

    1er septembre 1828 – Les ORIENTALES – Parution 1829

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